GW5065/B6
a6v
¶De la doctrine des enfans.
1
¶La satyre ensuyuante est aucunement
2
prosecutiue de la matiere precedente pour⸗
3
tant quil a parle du viel fol qui monstre
4
a son filz les signes de suyure sa follie. Et
5
icy il parle de la mauuaise doctrine cha⸗
6
stiement et erudicion des enfans en ieu⸗
7
nesse. Et les compare au viel fol qui a lais⸗
8
se a son filz tant quil estoit ieune faire tou⸗
9
tes ses plaisances. Et puis quant il est
10
grant portant desia lespee en la main le veult
11
chastier et luy fait courir sus a coup de cou
12
steau la ou en ieunesse il leust bien corrigie
13
par luy donner seullement dune petite verge.
14
Et pource dit lacteur Qui espargne la ver
15
ge hait son enfant. Et qui laime instante⸗
16
ment le chastie. Ne veuilles point soustrai
17
re et oster discipline de ton enfant. Car si
18
tu le frapes de la verge il nen mourra
19
point. Mais quant de verge tu le fraperas
20
tu deliures son ame denfer: donc met le pro⸗
21
lude. Quiconque pardonne a ses enfans
22
quant aux vices et ne amende point hasti⸗
23
uement
uement ] nement GW5065
le pechie puerille: celluy sentira a la
24
parfin dommage et merueilleuses douleurs
25
et si montera aux sieges splendides de la nou
26
uelle nef des folz.
b1r

Fueillet. vii
27
TOusiours sera fol meschant
28
et aueuglie des yeulx celluy
29
que la curiosite et garde de
30
ses enfans ne tire a soy et que
31
vie modeste et honnorable
32
fuit. Car le saige pere doit
33
estre curieux de ses enfans: affin quil orne
34
leurs tendres couraiges de bonnes meurs
35
ou que par paine frequente il tempere les
36
destinees a aduenir. Mais le fol pere ne def⸗
37
fent point errer ses enfans et ne clost point
38
les limines et voyes des pechiez ou ne cure
39
point proposer a ses enfans la maniere de
40
bien viure. Et croy que ce nest pas bien con
41
seille a folle et lasciuieuse ieunesse se tous⸗
42
iours vague par tout sans ducteur bien
43
morigine. Ainsi que ouailles sans pasteur
44
laissent leurs cours et que la volupte con⸗
45
cedee sollicite trop. pareillement courent les
46
gaiges par la torture de pechie. Fol pere
47
pourquoy labeures tu excuser tes enfans
48
Pourtant quilz sont trop ieunes et ten⸗
49
dres que point ne puissent monter le sen⸗
50
tier du droit et aparceuoir leur mal faict
51
ou congnoistre le cours de verite. Cer⸗
52
tes fol pere la tendre et molle aage ou la
53
petite barbe de tes enfans ne te peult ex⸗
54
cuser. Car es tendres cueurs croist sapi⸗
55
ence et dispose les semences de saincte
56
vie et mieulx retiennent les enfans ten⸗
57
dres les enseignemens que on leur bail
58
le en ieunesse que quant ilz sont vielz. Car
59
iadis chanta a romme vng nourrisson
60
venusien cestadire. Ce qui est contenu
61
en vng petit metre ou il dit. Le pot neuf
62
gardera longuement lodeur dont vne
63
foys il a premier este abreue: et demeurent
64
les primordes et premieres odeurs mi⸗
65
ses aux rudes vesseaux. Le ionc se ploye
66
les saulx amers pareillement. Mais les
67
choses fortes et dures ne se ployent point
68
Pource pere que tardes tu maintenant
69
repaistre les premiers ans a tes enfans
70
de choses frugiferes et vaillables. Que
71
nuist aux enfans doulx et tendres daage
72
moderee correction. Car les ferulles et
73
petites corrections donnent les nourris⸗
74
semens de bonnes meurs: chasse les mau
75
uaises chaleurs de la poictrine non cuicte
76
et non moderee. Et est veritable cho⸗
77
se que aucunesfoys les parens pour grief⸗
78
ues coulpes ont plore les pechiez et crimes
79
de leurs enfans et la vie nuisante. Soit
80
amenee en exemple presente la fortune de
81
priam le puissant lequel perdit sa cite et les
82
grandes richesses du chasteau dylion quant
83
son filz paris ioyeux lascit et amoureux pro
84
pera auecques haultes nefz aller aux regi
85
ons argoliques et la terre de grece la ou il
86
rauit helaine: dont tant de maulx sont en⸗
87
suyuis. Soit aussi en present exemple la re
88
nommee de tarquin lorgueilleux. Qui pour
89
le maudit pechie et honteuse luxure de son
90
filz par qui lucresse fut violee plora et ex⸗
91
pulse de son royaume erra et alla comme
92
vagabond par les regions latines. Nous
93
auons aussi exemple de catilina noble romain qui
b
b1v

94
combien que de genre fust noble villain fol
95
et mauuais estoit de meurs monstrant a
96
ses nepueux et parens tousiours faire quel
97
que sedition contre la chose publique tant
98
que par vne conspiration par luy eutreprinse
99
venue a congnoissance luy et les siens furent
100
destruitz. Ainsi par exemple nous voyons que
101
le pere monstre le chemin a son filz lequel il en
102
suit et pardonnent lung a lautre en leurs vi⸗
103
ces et voit le pere les meurs du filz qui sont
104
sans raison et ne le veult enseigner ne corri
105
gier. Helas ce seroit bien mieulx conseillie
106
aux enfans maintenant quilz fouissent les
107
ducteurs iners et mauuais Et aussi aux pe
108
res que bons maistres et saiges donnassent
109
a leurs enfans plustost que folz. A lexemple
110
du noble roy pelleus iadis florissant par le
111
monde qui bailla la cure de son filz achilles
112
a vng saige maistre bien renomme bien elo
113
quent et bien morigine nomme phenix: af⸗
114
fin quil baillast audit achilles tendre et ieu⸗
115
ne pour le temps les sainctes meurs. Pareil
116
lement le Roy Philippe de macedoine auec
117
ques grande louenge par tous les lieux
118
des grecz queroit et faisoit querir vng maistre
119
qui peust enseigner a alexandre filz dudit
120
philippe les droitz et vraiz enseignemens.
121
Tant que le saige aristote finablement trou
122
ue print la cure du magnanime roy et nour
123
rissoit sa poictrine et entendement de nobles
124
ars. Luy donnoit aussi les precones et en⸗
125
seignemens de la langue. Toutesfoys le
126
saige aristote ne les auoit pas comprins de
127
soy seul: mais auoit premierement gouste
128
les candides enseignemens de platon et re
129
ceu les ars de philozophie deuant quil se
130
meist a nourrir par estude les ieunes enfans
131
et tendres nourrissons. Ainsi apparoist que
132
discipline et correction sont vtiles aux en⸗
133
fans: quant iadiz les roys y mectoyent les
134
leurs. Mais en nostre temps present aucu⸗
135
ne curiosite ne tire les folz parens: affin quilz
136
voyent leurs enfans saiges et expers en science
137
et ne vouldroyent pas auoir donne digne
138
loyer a bon et saige maistre qui bien ensei⸗
139
gnast leurs enfans. Et pourtant procede
140
le fol filz du fol pere qui aux vices eslargit
141
ses richesses et les espargne donner a belle
142
estude. Et desprise toutes les vertuz de len
143
tendement. Sur ce est raportee la triste que
144
rimonie et complainte de crates le thebayen
145
qui disoit. Sil mestoit licite que tousiours
146
ie criasse ie vouldroye appeller tous vous
147
folz parens probreux et mauuais: lesquelz
148
par trop grant ieu et derrision la funeste
149
pecune agite et demaine vous cueillez et
150
assemblez richesses a voz enfans. Et de
151
aucun enseignement ne alaictez leurs cueurs
152
ou de aucune bonne dexterite ne les nour⸗
153
rissez: dont en la fin le pere antique et plain
154
de aage se repent. Mais tart est appareil⸗
155
lee medecine et a tart sera demandee quant
156
plus ny aura de remede. Aucuns peres
157
maintenant sont si folz que par tout se asso⸗
158
cient et acompaignent aux choses scele⸗
159
stes et mauuaises de leurs enfans. Et tra
160
uaillent les choses diuines du souuerain
161
pere. Aucuns aussi sans fin ensuiuent vie
162
prophane: et demandent le vice par nuitz
163
et par iours. Et despendent les folz en⸗
164
fans en mauuais ieu ce que leurs folz pe ⸗
165
res leur ont laisse de patrimoine ou aultre⸗
166
ment. Aucuns lasciuieux ardent et bru⸗
167
lent aux delices du corps. Et consument
168
et gastent en luxure toutes les fleurs de
169
leur temps. Et ainsi le fol enfant qui art en
170
telz delices de luxure est comme celluy qui
171
boit toutes eaues vuide la bouteille: mais
172
tousiours meurt de soif: et ne met ses folli⸗
173
es et crimes en aucune mesure dont la rai⸗
174
son est notoire. Car les enfans qui en leurs
175
tendres ans et ieunesse ne sont point allaic⸗
176
tez de nobles ars et par coustume nourriz
177
de estudes sont facilles et appareillez aux
178
vices et delictz. Car rien ne peult mieulx
179
nourrir la ieunesse gracille luy donner la
180
voye de bonnes meurs et vie modeste que
181
la salutaire doctrine du saige maistre qui
182
baille le principe le moyen et la fin de hon⸗
183
neur. Et pourtant aux enfans tendres et
184
ieuues appartient vtile correction. No ⸗
185
blesse qui a acoustume decorer les pusil⸗
186
les et ieunes est vne assez grande chose
187
mais elle nest point acquise de son propre
188
labeur. O miserable fol qui te prouffite la no
189
blesse de tes plus grans et anciens peres. pour⸗
190
quoy te enfles tu ou enorgueilliz pour la no
191
blesse que tu ne as pas acquise par belle vertu
b2r

Fueillet. viii
192
ou par meurs bien conduictes. Souuent
193
les doulces bestes et amiables enfantent
194
de mauuais fruitz Et souuent de vng cha
195
ste ventre de vng bon pere et de vne bon
196
ne mere naissent mauuais enfans non
197
pas mauuais a cause de la generation
198
ou naissance: mais par faulte de correction
199
Et pourtant est le pere en coulpe qui ne
200
veult point estre diuers en correction. Et
201
ne suggere ou procure a ses enfans aucun
202
enseignement de viure qui soit propre.
GW5065/B6
a6v
¶De la doctrine des enfans.
1
¶La ſatyꝛe enſuyuante e aucunemēt
2
pꝛoſecutiue de la matiere cedente pour⸗
3
tant quil a parle du viel fol qui monre
4
a ſō filʒ les ſignes de ſuyure ſa follie. Et
5
icy il parle de la mauuaiſe doctrine cha⸗
6
iement et erudicion des enfans en ieu⸗
7
nee.Et les cōpare au viel fol qui a laiſ⸗
8
ſe a ſon filʒ tant quil eoit ieune faire tou⸗
9
tes ſes plaiſances. Et puis quant il e
10
grāt poꝛtāt deſia leſpee en la main le veult
11
chaier et luy fait courir ſus a coup de cou
12
eau la ou en ieunee il leu bien coꝛrigie
13
par luy dōner ſeullemēt dune petite verge.
14
Et pource dit lacteur Qui eſpargne la ver
15
ge hait ſon enfant.Et qui laime inante⸗
16
ment le chaie.Ne veuilles point ſourai
17
re et oer diſcipline de ton enfant. Car ſi
18
tu le frapes de la verge il nen mourra
19
point.Mais quant de verge tu le fraperas
20
tu deliures ſon ame denfer: donc met le ꝓ⸗
21
lude. Quiconque pardonne a ſes enfans
22
quant aux vices et ne amende point hai⸗
23
nemēt le pechie puerille:celluy ſentira a la
24
parfin dōmage et merueilleuſes douleurs
25
⁊ ſi mōtera aux ſieges ſplēdides de la nou
26
uelle nef des folʒ.
b1r

Fueillet. vii
27
TOuſiours ſera fol meſchāt
28
et aueuglie des yeulx celluy
29
que la curioſite ⁊ garde de
30
ſes enfans ne tire a ſoy ⁊ 
31
vie modee et honnoꝛable
32
fuit. Car le ſaige pere doit
33
ere curieux de ſes enfans:affin quil oꝛne
34
leurs tendres couraiges de bonnes meurs
35
ou que par paine frequente il tempere les
36
deinees a aduenir.Mais le fol pere ne def⸗
37
fent point errer ſes enfans et ne clo point
38
les limines et voyes des pechieʒ ou ne cure
39
point pꝛopoſer a ſes enfans la maniere de
40
bien viure.Et croy que ce ne pas bien cō
41
ſeille a folle et laſciuieuſe ieunee ſe touſ⸗
42
iours vague par tout ſans ducteur bien
43
moꝛigine.Ainſi que ouailles ſans paeur
44
laient leurs cours et que la volupte con⸗
45
cedee ſollicite trop.pareillemēt courent les
46
gaiges par la toꝛture de pechie.Fol pere
47
pourquoy labeures tu excuſer tes enfās
48
Pourtant quilʒ ſont trop ieunes et ten⸗
49
dres que point ne puient monter le ſen⸗
50
tier du dꝛoit et aparceuoir leur mal faict
51
ou congnoire le cours de verite. Cer⸗
52
tes fol pere la tendre et molle aage ou la
53
petite barbe de tes enfans ne te peult ex⸗
54
cuſer.Car es tendres cueurs croi ſapi⸗
55
ence et diſpoſe les ſemences de ſaincte
56
vie et mieulx retiennent les enfans ten⸗
57
dres les enſeignemens que on leur bail
58
le en ieunee que quāt ilʒ ſont vielʒ.Car
59
iadis chanta a romme vng nourrion
60
venuſien ceadire. Ce qui e contenu
61
en vng petit metre ou il dit. Le pot neuf
62
gardera longuement lodeur dont vne
63
foys il a pꝛemier ee abꝛeue:⁊ demeurēt
64
les pꝛimoꝛdes et pꝛemieres odeurs mi⸗
65
ſes aux rudes veeaux.Le ionc ſe ploye
66
les ſaulx amers pareillement.Mais les
67
choſes foꝛtes ⁊ dures ne ſe ployent point
68
Pource pere que tardes tu maintenant
69
repaire les pꝛemiers ans a tes enfans
70
de choſes frugiferes ⁊ vaillables. Que
71
nui aux enfans doulx et tēdꝛes daage
72
moderee coꝛrection. Car les ferulles et
73
petites coꝛrections donnent les nourriſ⸗
74
ſemens de bonnes meurs:chae les mau
75
uaiſes chaleurs de la poictrine non cuicte
76
et non moderee. Et e veritable cho⸗
77
ſe que aucuneſfoys les parens pour grief⸗
78
ues coulpes ont ploꝛe les pechieʒ ⁊ crimes
79
de leurs enfans ⁊ la vie nuiſante. Soit
80
amenee en exemple pꝛeſente la foꝛtune de
81
pꝛiam le puiant lequel perdit ſa cite ⁊ les
82
grandes richees du chaeau dyliō quāt
83
ſon filʒ paris ioyeux laſcit ⁊ amoureux ꝓ
84
pera auecques haultes nefʒ aller aux regi
85
ons argoliques ⁊ la terre de grece la ou il
86
rauit helaine:dont tant de maulx ſont en⸗
87
ſuyuis. Soit aui en pꝛeſēt exemple la re
88
nommee de tarquī loꝛgueilleux.Qui pour
89
le maudit pechie ⁊ honteuſe luxure de ſon
90
filʒ par qui lucree fut violee ploꝛa ⁊ ex⸗
91
pulſe de ſon royaume erra et alla comme
92
vagabond par les regions latines.Nous
93
auōs aui exēple  catilina noble romaī q
b
b1v

94
combien que de genre fu noble villaī fol
95
et mauuais eoit de meurs monrant a
96
ſes nepueux ⁊ parens touſiours faire quel
97
que ſedition contre la choſe publique tant
98
que par vne cōſpiration ꝑ luy eutrepꝛinſe
99
venue a cōgnoiance luy ⁊ les ſiens furēt
100
deruitʒ.Ainſi par exēple nous voyōs 
101
le pere mōre le chemin a ſon filʒ lel il en
102
ſuit et ꝑdonnent lung a lautre en leurs vi⸗
103
ces ⁊ voit le pere les meurs du filʒ qui ſont
104
ſans raiſon et ne le veult enſeigner ne coꝛri
105
gier.Helas ce ſeroit bien mieulx conſeillie
106
aux enfans maintenāt quilʒ fouient les
107
ducteurs iners ⁊ mauuais Et aui aux pe
108
res que bons maires ⁊ ſaiges donnaēt
109
a leurs enfans pluo que folʒ.A lexēple
110
du noble roy pelleus iadis floꝛiant par le
111
mōde qui bailla la cure de ſon filʒ achilles
112
a vng ſaige maire bien renomme biē elo
113
quent ⁊ bien moꝛigine nomme phenix: af⸗
114
fin quil bailla audit achilles tendꝛe ⁊ ieu⸗
115
ne pour le tēps les ſainctes meurs.Pareil
116
lemēt le Roy Philippe de macedoine auec
117
ques grande louenge par tous les lieux
118
des grecʒ roit ⁊ faiſoit rir vng maire
119
qui peu enſeigner a alexandre filʒ dudit
120
philippe les dꝛoitʒ ⁊ vraiʒ enſeignemens.
121
Tāt que le ſaige ariote finablemēt trou
122
ue pꝛint la cure du magnanime roy ⁊ nour
123
rioit ſa poictrine et entendemēt de nobles
124
ars.Luy donnoit aui les pꝛecones et en⸗
125
ſeignemens de la langue. Touteſfoys le
126
ſaige ariote ne les auoit pas compꝛīs de
127
ſoy ſeul:mais auoit pꝛemierement goue
128
les candides enſeignemens de platon ⁊ re
129
ceu les ars de philoʒophie deuant quil ſe
130
mei a nourrir par eude les ieunes ēfās
131
et tendres nourrions. Ainſi apparoi q̄
132
diſcipline ⁊ coꝛrection ſont vtiles aux en⸗
133
fans:quant iadiʒ les roys y mectoyent les
134
leurs.Mais en nore temps pꝛeſent aucu⸗
135
ne curioſite ne tire les folʒ parens:affin qlʒ
136
voyēt leurs enfās ſaiges et exꝑs en ſciēce
137
et ne vouldroyent pas auoir donne digne
138
loyer a bon ⁊ ſaige maire qui bien enſei⸗
139
gna leurs enfans. Et pourtant pꝛocede
140
le fol filʒ du fol pere qui aux vices eſlargit
141
ſes richees ⁊ les eſpargne donner a belle
142
eude.Et deſpꝛiſe toutes les vertuʒ de len
143
tendemēt. Sur ce e rapoꝛtee la trie que
144
rimonie ⁊ complainte de crates le thebayē
145
qui diſoit. Sil meoit licite que touſiours
146
ie criae ie vouldroye appeller tous vous
147
folʒ parens pꝛobꝛeux ⁊ mauuais: leſquelʒ
148
par trop grant ieu et derriſion la funee
149
pecune agite ⁊ demaine vous cueilleʒ et
150
aembleʒ richees a voʒ enfans. Et de
151
aucun enſeignet ne alaicteʒ leurs cueurs
152
ou de aucune bonne dexterite ne les nour⸗
153
rieʒ:dont en la fin le pere antique et plain
154
de aage ſe repent.Mais tart e appareil⸗
155
lee medecine ⁊ a tart ſera demandee quant
156
plus ny aura de remede. Aucuns peres
157
maītenant ſont ſi folʒ que par tout ſe ao⸗
158
cient et acompaignent aux choſes ſcele⸗
159
es et mauuaiſes de leurs enfans. Et tra
160
uaillent les choſes diuines du ſouuerain
161
pere. Aucuns aui ſans fin enſuiuent vie
162
pꝛophane:et demandent le vice par nuitʒ
163
et par iours. Et deſpendent les folʒ en⸗
164
fans en mauuais ieu ce que leurs folʒ pe ⸗
165
res leur ont laie de patrimoine ou aultre⸗
166
ment. Aucuns laſciuieux ardent et bꝛu⸗
167
lent aux delices du coꝛps. Et conſument
168
et gaent en luxure toutes les fleurs de
169
leur temps. Et ainſi le fol enfāt qui art en
170
telʒ delices de luxure e comme celluy qui
171
boit toutes eaues vuide la bouteille: mais
172
touſiours meurt de ſoif: et ne met ſes folli⸗
173
es et crimes en aucune meſure dont la rai⸗
174
ſon e notoire.Car les enfās qui en leurs
175
tendres ans ⁊ ieunee ne ſont point allaic⸗
176
teʒ de nobles ars et par couume nourriʒ
177
de eudes ſont facilles et appareilleʒ aux
178
vices et delictʒ. Car rien ne peult mieulx
179
nourrir la ieunee gracille luy donner la
180
voye de bonnes meurs et vie modee que
181
la ſalutaire doctrine du ſaige maire qui
182
baille le pꝛincipe le moyen et la fin de hon⸗
183
neur. Et pourtant aux enfans tendres et
184
ieuues appartient vtile coꝛrection. No ⸗
185
blee qui a acouume decoꝛer les puſil⸗
186
les et ieunes e vne aeʒ grande choſe
187
mais elle ne point acquiſe de ſon pꝛopꝛe
188
labeur.O miſerable fol q te pꝛouffite la no
189
blee  tes plꝰ grās ⁊ anciens peres.pour⸗
190
quoy te enfles tu ou ēoꝛgueilliʒ pour la no
191
blee  tu ne as pas acqſe par belle vertu
b2r

Fueillet. viii
192
ou par meurs bien conduictes. Souuent
193
les doulces bees ⁊ amiables enfantent
194
de mauuais fruitʒ Et ſouuēt de vng cha
195
e ventre de vng bon pere ⁊ de vne bon
196
ne mere naient mauuais enfans non
197
pas mauuais a cauſe de la generation
198
ou naiāce:mais par faulte de coꝛrectiō
199
Et pourtant e le pere en coulpe qui ne
200
veult point ere diuers en coꝛrectiō. Et
201
ne ſuggere ou pꝛocure a ſes enfans aucū
202
enſeignement de viure qui ſoit pꝛopꝛe.

14
Qui parcit
virge odit
puerum

20
Indulget
quicunque suis
etc.

28
Stultus erit
semper. etc.

40
Non bene con⸗
sulitur. etc.

43
Sicut oues
cursum lin⸗
quunt. etc.

52
Non etas
mollis. etc.

61
Quo semel
est imbuta.
etc.

79
Exemple.
Adsit in exem
plum etc.

86
Exemple.
Adsit in exem
plum tarqui⸗
nii. etc.

91
Exemple.
Transtulit
innumeros etc.

105
Heu melius
pueris. etc.

109
Exemple.
Pelleus emo
nio quondam
etc.

134
Tempore
sed nostro. etc.

156
Natorum qui
dam scelera
tis. etc.

166
Quidam deli⸗
ciis. etc.

184
Nobilitas
res magna
etc.

192
Sepe ma⸗
los catulos
etc.