Fueillet. xxxv
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nore les saiges: assin quil puisse scauoir: re⸗
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coit les choses et ensuyt ce parquoy sa sapien
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ce croisse. Mais la flutte donne au fol doulx
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soulas: et na cure du son de la harpe: ne se
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delecte point aussi en cordes doulces et mo⸗
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dulantes. Et ne plaist iamais rien plus a
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vng baston crespe ou fleute rustique cest
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assauoir la muse dung bergier. et ne souffre
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iamais vng fol que aucun luy baille mini
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stre ou donne sainctz enseignemens que au⸗
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cun le corrige ou admonneste. Et de la est
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fait que la grande et ingente compaignie
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des folz croist tousiours par tout trop et oul⸗
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tre raison. Parquoy fol mauuais ie te prie
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aprens qui tu es. Tu scais bien que tu es
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homme mortel et caducque engendre et fait
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du limon et ordure de la terre compose de cen
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dre et de pourete. Toutesfoys ame clere et
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pure te est donnee auecques iugement de
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raison:par laquelle les bestes brutes dif⸗
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ferent de nous. Mais tu qui portes folz
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precordes tu romps les beaux dons et pri
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uileges de raison. Car vng fol qui ne
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fait rien que a son entendement et sans con
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seil monstre bien quil est trop irraisonna
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ble et que le don de raison en luy est perdu.
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O fol homme pourquoy te vante trop
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ta puissance mortelle/ ta noblesse/ ta belle
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face/ ta ieunesse/ et beaulte. Pourquoy te
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extollent tes richesses et les membres de
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ton corps qui te baillent dommaige et
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nuisances. Considere que Iob dit que le
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saige seul est plus riche et plus fort que tous.
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Pourtant oy le et ensuy. Et mieulx te
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vault se le prudent te corrige que aultre⸗
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ment: et que vng fol te blandist et flatast
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par maniere de mocquerie. Et est homme
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eureux qui porte crainte en son cueur et
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doulcement des ses ieunes ans recoyt en
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seignemens et doctrines: parquoy il est
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plus enclin a aymer dieu.
¶Des inscauens et folz medicins.
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¶Aultre satyre par laquelle sont reprins
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les folz qui se disent et contrefont les me
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decins et si ne congnoissent que cest de
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corps humain de la nature des herbes et aul
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tres medecines parquoy ilz sont mocquez et
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desprisez de gens congnoissans. Dont dit
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le prolude. Qui sefforce donner aux mala⸗
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des tremblans sante et en eulx essayer lart
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de medeci ne: et toutesfoys de sa main non
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enseignee il ne les scait medeciner: car il est
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sans art et si ne scait les forces de nature et
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les herbes: il est mocquable fol et ridicule
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demeure. Et de ceste follie oultrecuidee
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aduient souuent que plusieurs simples gens
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qui se fient a iceulx folz medecins se trou⸗
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uent mal et en meurent. Dont met lescriptu
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re. Iacoit que au medecin la venue de mor
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talite ne doyue point estre imputee. Tou⸗
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tesfoys la faulte de son experience est anom
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bree auecques la culpe quant il luy donne
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medecine nuisante: ou quil ne luy baille pas
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a heure et a temps. Et pourtant aux mede
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cins seullement appartient et est droit de
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occire vng homme sans pugnition. Pour⸗
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Nil magis
vsque placet
etc.

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Quid tua
te nimium ia
ctat. etc.

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Artem qui me⸗
dicam tremu
lis. etc.

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Licet medi
co euentus. etc.